
Découvrez le body shaking, une pratique somatique simple et puissante pour libérer les tensions, secouer le stress et revenir à l’intelligence vivante du corps.
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Derrière ce geste presque enfantin se cache pourtant une intelligence ancienne, une mémoire que le corps n’a jamais oubliée. Même si à première vue, cela peut sembler étrange, trop facile, trop instinctif, secouer son corps reste une sagesse venue d’avant les mots.
Le body shaking est une pratique de libération somatique : laisser le corps trembler, vibrer, onduler, pulser, sans chercher à produire un beau mouvement, sans chorégraphie ni performance. Simplement le laisser faire ce qu’il sait faire — relâcher, décharger, réorganiser, revenir à lui-même.
Shake it off. Shake it true. Shake it free.
Débarrasse-toi de ce qui te pèse. Secoue-toi pour de vrai. Libère-toi.


Nous vivons souvent comme si la tête devait tout comprendre et tout contrôler. Nous analysons nos émotions, nous rationalisons nos tensions. Nous cherchons des solutions dans le mental mais ce que l’esprit ne parvient ni à dire ni à apaiser, le corps finit par le porter : en tensions, parfois en douleurs ou en symptômes. C’est la somatisation.
Pourtant, le corps parle toujours à sa manière. Il serre la mâchoire, contracte les épaules, bloque le ventre, retient le souffle. Il tente de nous prévenir, mais nous avons souvent appris à ne plus l’écouter.
Et pour cause : le corps n’est pas un simple véhicule. C’est une boussole, une archive vivante, un territoire sensible qui garde la trace de ce que nous avons traversé. Mais parce qu’il est vivant, il peut aussi défaire ce qui s’est figé pour retracer d’autres chemins — nerveux, tissulaires, jusque dans ses circuits les plus profonds. Le body shaking le rappelle : parfois, le corps n’a pas besoin qu’on lui impose une solution, mais qu’on lui rende la parole.

Dans l’approche somatique, on dit qu’il faut plus d’énergie pour retenir notre mouvement naturel que de le laisser vivre. — Milèna May
Quand une émotion n’a pas pu être pleinement vécue, elle peut rester suspendue dans le corps. Tout ce qu’on n’a pas pu laisser passer : une colère retenue, une peur figée, un stress ravalé, une tristesse qu’on n’a pas eu le temps d’honorer, une excitation qu’on a dû contenir, un élan de vie qu’on a appris à retenir — pour ne pas déranger, ne pas prendre trop de place, ne pas être « trop ». Alors le corps accumule, compense, s’adapte, jusqu’au jour où quelque chose demande à bouger.
Ainsi, le body shaking agit comme un feu intérieur : il remet du mouvement là où l’énergie s’était figée. Il ne force pas, il invite. On secoue les bras et les mains, les jambes et les pieds, puis le bassin, les épaules, la nuque avec douceur; tout ce qui demande à participer. Ce n’est pas « faire n’importe quoi ». Au contraire, c’est laisser le vivant reprendre ses droits.

Observe les animaux. Après un choc ou une peur, beaucoup tremblent, se secouent, évacuent physiquement l’intensité — puis reviennent au calme, sans se demander pendant des heures s’ils ont « bien réagi ». Ce réflexe naturel porte un nom : les tremblements neurogéniques, que la méthode TRE de David Berceli cherche à réactiver en sécurité.
Les animaux ne font pas semblant d’aller bien pour préserver l’image sociale du mammifère civilisé.
Nous aussi possédons cette capacité. Mais notre culture nous a appris à nous tenir, à nous raidir, à ne pas trembler, à ne pas trop bouger, à ne pas pleurer. C’est pourquoi le corps devient parfois un lieu de retenue — et pourquoi le simple fait de secouer peut être si réparateur.
Secouer, ce n’est pas seulement relâcher une tension. Cela nous ramène à nous-mêmes, au plus vrai. Car ce qui stagne dans le corps n’est pas seulement ce qui nous appartient. Il y a aussi tout ce que nous absorbons sans nous en rendre compte : les mots reçus de travers, les regards qui pèsent, les attentes silencieuses, les comparaisons, les injonctions, les tensions des autres, les ambiances trop lourdes, les “il faut”, les “tu devrais”, les “sois raisonnable”, les “ne sois pas trop”. À cela s’ajoutent des projections, des peurs qui ne sont pas les nôtres, des rôles portés trop longtemps. À force, nous voilà encombrés de tensions invisibles, absorbées sans même les voir.
Secouer, c’est déposer tout ça. Ici, il ne s’agit pas de faire joli — c’est même le contraire : le body shaking invite à bouger depuis le vrai. Et le vrai, n’a pas besoin d’être spectaculaire. Laisser le corps faire le tri, non pas avec des grandes phrases, mais avec des vibrations, des souffles, des micro-secousses, des mouvements bruts et simples. Pratiquer le body shaking, c’est accepter de ne pas savoir à l’avance ce qui va émerger : passer du contrôle à l’écoute. Secouer pour ne pas garder en soi toutes les tensions du monde, déposer ce qui ne nous appartient pas et revenir à son centre.
La liberté n’est pas une grande révolution extérieure. Au contraire, libérer des zones comprimées peut commencer tout petit ! Cela se joue dans le corps : dans un genou qui se déverrouille, une cage thoracique qui respire plus large, des épaules qui cessent de porter le monde, un bassin qui retrouve sa mobilité, des pieds qui sentent à nouveau le sol.
Parfois, il suffit de presque rien : d’un micro-shake des mains, d’un soupir ou d’un rire qui sortent enfin, d’une mâchoire qui se relâche, d’une fatigue qui demande juste à être reconnue. La liberté commence dans cet instant presque imperceptible où le corps comprend qu’il n’a plus besoin de tenir autant.
Secouer le corps, c’est ouvrir un passage — entre tension et mouvement, entre surcharge et présence, entre figement et élan. C’est retrouver une forme de souveraineté intérieure : non pas en contrôlant davantage, mais en laissant circuler ce qui était retenu. C’est cesser de donner des ordres au corps, et le laisser nous surprendre. Un geste simple, presque sauvage, qui dit : « Tu peux relâcher ce qui ne t’appartient pas. »
Et la bonne nouvelle, c’est que cela ne demande presque rien. Ni matériel, ni technique, ni souplesse particulière — juste un peu d’espace et l’envie de laisser le corps parler. Voici comment t’y prendre.

Deux minutes suffisent. Une chanson que tu kiffes, et c’est parti.
Commence debout, les pieds ancrés, les genoux souples. Prends un instant pour sentir ta respiration. Puis laisse un petit tremblement naître dans les jambes, comme si le sol envoyait une vibration douce à travers toi. Laisse-la monter — bassin, ventre, poitrine, épaules, bras, mains. Secoue les poignets, les coudes ; laisse la tête bouger sans forcer la nuque ; ouvre la bouche, souffle, soupire, fais du son si cela vient.
Le plus important : ne cherche pas à bien faire. Laisse le corps trouver son rythme — parfois dynamique et joyeux, parfois plus lent et intime.
Puis arrête progressivement, reste debout ou assis quelques instants, et sens ce qui a changé. Peut-être une chaleur, un picotement, une respiration plus ample, un silence plus doux. C’est déjà beaucoup.
Comme toute pratique corporelle, le body shaking demande de l’écoute. Il ne s’agit pas de te brusquer ni de dépasser tes limites. En cas de douleurs, de vertiges, de grossesse, d’une condition médicale particulière ou d’un système nerveux fragilisé, adapte, ralentis, reste assis si besoin, et demande l’avis d’un professionnel de santé quand c’est nécessaire. Le corps aime la liberté, mais il aime aussi la sécurité.
La pratique n’a pas besoin d’être intense pour être puissante : parfois, le plus grand mouvement commence dans une vibration presque invisible.
la Pratique — 2 minutes à 7 minutes
Choisis une musique qui te donne envie de bouger. Debout, sens tes pieds au contact du sol. Inspire, expire — puis laisse le corps se secouer librement, partout où ça demande à bouger. À chaque expiration, relâche ce qui n’a plus besoin de rester accroché à toi.
À la fin, pose une main sur le cœur, une main sur le ventre, et demande-toi intérieurement : « Qu’est-ce qui est plus libre, plus fluide, en moi, maintenant ? » Ne cherche pas une grande réponse — laisse le corps répondre à sa manière.
J’ai créé une playlist pour accompagner ce rituel de body shaking. Volontairement multiple, un peu indisciplinée — comme nos corps quand ils ont besoin de bouger. Il y a des morceaux pour secouer fort, d’autres pour onduler, transpirer, rire, libérer une émotion ou simplement revenir au souffle. Choisis les musiques qui t’appellent.
Tu peux enregistrer cette playlist, y revenir quand tu en ressens le besoin, ou la dupliquer dans ton propre espace pour y ajouter tes musiques à toi. Je la ferai sûrement évoluer au fil du temps, comme un autel sonore en mouvement.
Le body shaking est une pratique simple — et les choses simples sont parfois les plus puissantes. Dans un monde qui nous pousse à nous figer, à tenir, à sourire quand tout déborde, secouer son corps devient un acte de retour : à la sensation, au souffle, à l’instinct, à l’intelligence du vivant.
Le corps sait. Il sait trembler, relâcher, retrouver le chemin du mouvement. Et parfois, pour revenir à soi, il n’y a pas besoin de comprendre davantage. Il suffit de se secouer.
Shake it off. Shake it true. Shake it free.
Une pratique d’exploration et de mieux-être, sans visée médicale ni promesse thérapeutique.
J’accompagne les personnes, projets et structures qui souhaitent créer avec plus de sens, de profondeur, de cohérence et de vivant.
Mon approche relie mouvement, conscience corporelle, création sensible et intelligence collective.
À travers la danse, l’écoute du corps et les espaces collectifs, j’ouvre des chemins pour relier vision, présence et transformation, pour faire émerger des projets habités et des formes porteuses de sens.
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Des mots qui font bouger — 1 à 2 lettres vivantes par mois
Design : Charlaine Ferrand | Les racines d'Alma
Crédits photos : Renaud Bertrand | Charlaine Ferrand | Unsplash
Danse-thérapeute · Coach somatique · Créatrice digitale
cf@lesracinesdalma.com · 06 21 07 29 50
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Charlaine Ferrand